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Prologue

Prologue
Des hurlements.
Mais faites les taire.
Ils se mettent tous à sauter de joie.
Sauf moi.
Nous sourions.
Mais mon sourire à moi est faux.
Gustav me serre fort dans ses bras.
Et moi, j'essaie de lui rendre son étreinte.
Georg saute partout comme un dingue.
Si seulement je pouvais être aussi heureux que lui...

Aujourd'hui, Tokio Hotel a encore gagné un prix.
Encore...
Et lui.
Ses yeux rieurs, sa bouche souriante, sa voix remplie de joie...
J'en peux plus.
Il se dirige vers moi avec sa démarche de pingouin et...
Il me prend dans ses bras.
Ce parfum qui me rentre dans les narines.
Cette voix qui me dit : « on a réussi p'tit frère ».
Cette chaleur contre mon corps.
Si seulement il pouvait rester dans mes bras pour l'éternité.
Mais non, il s'éloigne...

Bring mich zurück
Ramène-moi en arrière


Je me resserre contre lui.
Je n'peux pas le lâcher.
Je t'en supplie, ne me laisse pas.

« Bill...ça n'va pas ? »
« Je...si...désolé...l'émotion »


Un autre mensonge.
Je ne sais faire que ça.
Mentir.
J'ai les larmes aux yeux.
Non, s'il vous plaît, ne coulez pas, pas encore...
Sourire, je dois sourire, encore et encore.
Encore et toujours...
Mais bientôt, je n'en aurais plus la force.

Ich fühl mich Claustrophobish eng...

Il s'écarte de moi et me sourit.
D'un sourire vrai.
Et moi je lui réponds.
D'un sourire faux.
Je dois assurer, 24/24h.
Assumer, c'est moi qui ai voulus cette vie.
Mentir, pour renvoyer une bonne image de moi.
Sourire, et de toutes mes dents.
Mais surtout...
Chanter.


« Et maintenant, une ovation pour le groupe Tokio Hotel, et leur chanson : Übers Ende der Welt ! »

Après le prix, la chanson.
Chanter.
Chanter, oui, mais faussement.
Encore une fois...
A vos instruments, à mon micro, et c'est parti pour un playback monumentale.
Parce que soi-disant, chanter en live tout le temps, c'est fatiguant pour moi...
Comme si j'avais demandé quelque chose...

La musique commence.
Les trois autres s'y mettent, comme si c'était vrai.
Parce que mentir leurs est égal à présent...
J'ai la gorge serrée et les larmes aux yeux.
Chanter, chanter, chanter...
C'est à moi.
Je dois y aller, ne pas craquer...

« Wir,
Sind durch die Stadt gerannt... »


Je me stoppe.
Je n'peux pas.
Je n'peux plus.
Pourtant, on m'entend.
J'entends ma voix, elle résonne dans cette salle...
Mais moi, je ne dis rien. Je ne chante plus.
Alors merde, pourquoi, pourquoi ma voix résonne encore ?
Pourquoi sus-je toujours obligé de mentir ?
Je tiens le pied de mon micro, comme pour ne pas sombrer.
Comme si c'était la dernière chose qui me restait...
Je me décide enfin à lever la tête.
Je regarde la salle où des centaines de milliers d'yeux me fixent.
Arrêtez, laissez-moi tranquille...
Je me retourne. C'est trop dur...
Je relève la tête...
Tom joue toujours. Georg aussi.
Seul Gustav à l'air d'avoir remarqué. Il fronce les sourcils..

« Chante ! Qu'est-ce que t'attends ? » Lisais-je sur ses lèvres.

J'attends la fin du monde...
Ma voix résonne toujours.
1er refrain.
Tom tourne la tête vers Georg qui c'est arrêté de jouer.
Georg me regarde, il ne comprend pas.
C'est pourtant simple bordel...
Gustav joue toujours, il crie encore, il a l'air énervé.
Je suis en train de gâcher leur spectacle.
Mais si c'est leur spectacle alors, qu'est-ce que j'fous là ?
Tom n'a toujours pas compris et suit le regard de Georg...
Il comprend enfin.
Ou plutôt...il comprend pourquoi Georg c'est arrêté de jouer.
Mais moi, il ne me comprend pas.
J'en peux plus.
La chanson continue de résonner dans la salle, mais aucun de nous ne fais quoi que se soit.
De toute façon, qui n'avait pas deviné que c'était du playback ?
Je baisse la tête.
Leurs regards me sont insupportables.
Mais pourtant, je dois continuer. Je dois leur expliquer.
Vérifier...

« Achtung, fertig, los und lauf ! »

Ma voix résonne toujours. Elle me donne du courage...
Oui, je dois y aller.

« Arrêtez la musique » Dis-je dans le micro.

1...2...3...
Silence dans la salle.
Silence oui, mais plus pour longtemps.
J'enlève mon micro [sans fil] de son pied et le prend entre mes mains, me rapprochant de mon frère.
Mon frère jumeau...
Il me regarde sans comprendre.

« Gustav, Georg...pardonnez-moi... » Murmurais-je dans le micro.

Mais cette chanson est pour Tom...
Je plonge mon regard dans celui de mon miroir.
Oh Tom...
Si seulement un jour je pouvais lire dans tes yeux un simple...
Je t'aime petit frère.
Ca, juste ça, juste toi, juste de l'amour, juste ta présence...
Tom...

Je commence à chanter.
Chanter vraiment.
Sans aucun mensonge, sans rien.
Chanter pour de vrai, comme je sais le faire.
Comme j'aime le faire...

« In mir, wird es langsam Kalt
Je deviens entièrement froid »

Cette chanson.
Mon appel au secours, celui que je te chante depuis déjà un moment, mais que tu n'as jamais compris.
Que tu ne comprendras peut être jamais...

« Wie lang
Combien de temps encore
Können wir beide hier noch sein ?
Pourrons-nous rester ici tous les deux ? »

J'espère, oh non, je prie pour que tu le comprennes enfin.
Ici et maintenant, devant tous ses gens...
Je ne te demande pas grand-chose Tom, juste de m'écouter...

« Bleib hier
Reste ici
Schatten wollen mich holen
Les ombres veulent m'attraper »

Tom, pitié...écoute moi.
S'il te plaît...
Regarde-moi Tom.
Moi, moi et pas eux, pas Georg, pas Gustav, personne, juste moi...

« Doch wenn wir gehen
Et si nous partons
Dn gehen wir nur zu zweit.
Alors partons seulement tous les deux »

Arrête de me regarder comme ça...
Pitié...
Ecoutes-moi, écoutes-moi s'il te plaît.
S'il te plaît...

« Du bist alles was ich bin
Tu es tout se que je suis
und alles was durch meine Adern fließt
Et tout ce qui coule dans mes veines
Immer werden wir uns tragen
Nous nous soutiendrons toujours
Egal wohin wir fahren
Peu importe où nous allons
Egal wie tief
Peu importe la distance »

Il regarde sa guitare électrique et je peux lire dans ses yeux qu'il se demande comment jouer cette chanson sans sa guitare sèche.
Il a des yeux d'enfant apeuré, il a l'air complètement perdu, il ne comprend pas...
Oh Tom...

« Ich will da nicht allein sein
Je ne veux pas être seul ici
Lass uns gemeinsam, in die Nacht
Restons ensemble, dans la nuit
Irgendwann wird es Zeit sein
Nous aurons le temps
Lass uns gemeinsam, in die Nacht
Restons ensemble, dans la nuit... »

Mais qu'es-ce qu'il fait ?
Pourquoi veut-il absolument jouer ?
Écoute-moi Tom...
Mais non.
Il ne m'écoute pas.
Il se concentre sur sa guitare électrique et essai tant bien que mal de jouer.
Le son qui en sort ne va pas du tout avec la chanson...
Crétin. Écoute-moi, mais écoute-moi !
Je lui prends la main pour le faire arrêter de jouer.


« Ich höre, Wenn du leise schreist
J'entends quand tu cries silencieusement
Spüre jeden Atemzug von dir
Je sens chacun de tes souffles
Und auch
Et vraiment
Wenn das Schicksal uns zerreißt
Si le destin nous déchire
Egal was danach kommt
Peu importe se qui arrivera
Das teilen wir
Nous partageons ça »

Je serre fort sa main. Très fort. Trop fort.
Cette main à laquelle je m'accroche depuis si longtemps.
Cette main qui j'espère, me sauvera, essuiera mes larmes...
Cette main que je serre fort contre mon c½ur...
Sens mes battements Tom.
Je vis pour toi...
Me revoilà à chanter le refrain.
Ce refrain que j'ai écrit pour toi...
Comprends Tom, comprends à quel point je souffre...
J'ai tellement peur...

« In die Nacht, irgendwann
Dans la nuit, quelque part
In die Nacht, nur mit dir zusammen
Dans la nuit, seulement avec toi
Halt mich sonst treib ich
Tiens-moi sinon je dérive »

Même si je dérive déjà...
Je vois ton regard passer derrière moi, ce regard si perdu que tu jettes à nos deux amis...
Mais je m'en fou.
Je continue.
Même si je suis persuadé que j'ai déjà tout perdu...

« Allein in die Nacht
Seul dans la nuit
Nimm mich mit und halt mich
Emporte moi et tiens moi
Sonst streib ich
Sinon je dérive
Allein in die Nacht
Seul dans la nuit »

Tes yeux cherchent une réponse, il cherche mais ne trouve pas...
Tu as cessé de m'écouter.
Tes yeux regardent ailleurs.
Maintenant, tu as cessé de me regarder...
C'est fini.
J'ai perdu.
J'essai, encore et encore de te faire passer mon message , en vain...
J'avais raison, je le savais...
C'est la fin.
Je lâche ta main et baisse les yeux...
Encore deux phrases...
Et après, la fin...

«Du bist alles was ich bin

Tu es tout se que je suis
Und alles was durch meine Adern fließt...
Et tout se qui coule dans mes veines... »

Je me tais.
J'ai toujours la tête basse...
Mais ai-je vraiment besoin de la lever pour savoir que j'ai raison ?
Je ne pense pas.
Pourtant je le fais quand même...
Et c'est comme si je recevais un coup de poignard. Non, c'est encore pire que ça...
C'est comme si je tombais dans le vide le plus total, le néant comme on dirait.
Car leurs regards me montre que je les ai perdu tous les trois.
Ils se regardent les trois, sans comprendre.
Je plonge mon visage entre mes mains.
Je veux pleurer. Mais rien ne sort.
Je relève la tête et regarde autour de moi.
Tout, tout ça est faux...
Ce monde, ces gens, eux, moi...
Je suis devenu faux.
Un pantin. Une poupée. Une image sur papier glacé. Un jouet.
Un objet, objet que l'on jette dès qu'on en a plus besoin.
Voilà ce que je suis.
Puis je me souviens du micro.
Je le regarde, l'observe, le détaille...

« C'est ta faute... » Murmurai-je à l'attention du micro.

La faute d'un objet.
Cet objet qui a permis à Tokio Hotel de naître.
Cet objet qui m'a rendu si célèbre.
Cet objet qui a causé à ma perte.
Pourquoi dieu a-t'il voulut que je touche un jour à cet objet, pourquoi ?
Je le hais...
Pris d'un excès de colère, je le balance de toutes mes forces sur le devant de la scène.
Il s'écrase sur le sol dans un bruit sourd, provocant un horrible son, comme un ultrason.
Toutes les personnes présentes dans la salle se bouchent les oreilles, certaines poussent même un petit cri....
Sauf moi.
Tom plaque ses deux mains sur ses oreilles et me regarde d'un air complètement apeuré.
Comme si j'allais lui faire du mal, à lui...
Lui que j'aime par-dessus tout.
Lui, ma vie, mon âme-s½ur et tout le tralala que gerbe les médias dans leurs magasines bidons.
Mais nous ne sommes plus ça lui et moi. On c'est perdu...
Je l'ai perdu. Où plutôt, je les ai perdus.
Toutes ses paillettes les ont rendus aveugles, même moi ils ne voient plus. Même lui il ne me voit plus...
Mes mains tremblent malgré moi, je n'ai même plus la force de tenir sur mes jambes, elles vont lâchées. Je cherche autour de moi quelque chose pour me soutenir, mais non, il n'y a rien.
J'en peux plus.
Je n'peux pas rester là, plus maintenant, c'est insupportable, il faut que je m'échappe sinon, je vais mourir...

Ich warne dich verfolg mich nicht
Je te préviens ne me poursuis pas


Je les regarde une dernière fois tout les trois.
Leurs regards me font mal.
Regard noir, regard plein de pitié, regard apeuré...
Ca suffit...
J'essai de bouger. Il faut que je parte, il le faut, il le faut...
Courage. Oui, courage...encore une fois Bill, s'il te plaît, ne laisse pas tomber maintenant...
Peut être pourrais-je refaire ma vie une fois sorti d'ici ?
Mais comment vivre sans lui ?
Impossible.
Alors il faut que je meure... ?
Partir, partir loin...
C'est tout se que je veux là maintenant...
Et tout de suite.
Je rassemble le peu de force qu'il me reste et me mets à courir comme je n'ai jamais couru.
Je cours, je m'éloigne le plus loin possible de tous ses gens qui me regardent, qui m'observent et me jugent constamment.
Je passe dans les coulisses comme un dingue, poussant tout le monde sur mon passage.
J'aimerais leur hurler de dégager, de me laisser passer.
Mais rien ne sors de ma gorge, comme si j'étais soudainement devenu muet.
Puis, je sens quelque chose de chaud sur ma joue...
Une larme.
Elle coule le long de ma peau et vient mourir directement sur mes lèvres.
Je craque enfin.
Ca fait un bien fou ...
Je continu de courir, courir, courir...
Que faire d'autre ?
Je passe devant toutes sortent de gens...
Des artistes, des techniciens, des managers...
Tout ce que je hais à présent.
Je hais ce monde depuis que je suis devenu une figurine.


*Une figurine humaine... *




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Un prologue bien long je l'admet...
La seule chose que je vous demande c'est votre avis.
Je stress vraiment pour cette fiic', j'sais vraiment pas se qu'elle vaut, ça m'fait bien peur enfait...
Voilà.
Sur ce, pas d'limite de comm', juste des avis avant le prochain chapitre...
bisous à toutes et à tous [on c'est jamais, si jamais un p'tit pervers se balade dans l'coin...]



EDIT' :

Wahou.
Pincez-moi je rêve !
Autant de comm' ? Autant de visites ?
Putaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin OO'
Ca m'fait encore plus stresser ^^
Vos comm' me touchent vraiment , c'est vraiment magnifique s'que vous dîtes...
Merci 1000x.
J'répond aux comm' sur le chapiitre 1 [qui arrive, normalement, demain...]
Merci encore, sérieusemet ça m'fait trop plaisir !
b'soux à tous <3


Piix': Prise ici comme je l'ai dis avant...ce monatge est magnifique <3
Bravo miiss

# Posté le samedi 18 août 2007 14:58

Modifié le lundi 20 août 2007 14:06

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