« Oh excusez-moi jeune homme ! » Dit poliment un homme qui vient juste de me foncer dedans.
Je lui jette à peine un regard, continuant mon chemin en marchant à vive allure.
Pas question qu'ils me rattrapent...
Je n'ai pas à leur expliquer. Je n'ai rien à leur expliquer.
Je continue de marcher, ne prenant pas garde à la bonne dizaine de personnes que je viens de bousculer.
Les gens sont cons, ils peuvent pas me laisser passer ?
Ca s'voit pas que j'suis pressé ?
Les gens...
Parfois, j'ai pas l'impression d'être « un gens » comme les autres...
Je pense plutôt que je suis un « gens » qualifié d'idiot et d'égoïste.
Comme la plupart des gens dans ce monde vous dîtes ?
Non.
Moi, c'est encore pire...
Un petit vent frais d'automne vient caresser mon visage.
Je ferme les yeux de bonheur...
J'aime ce temps. J'aime cette saison.
Je hais cet endroit.
Je presse encore plus le pas, histoire de ne pas trop m'attarder ici...
Je hais cet endroit.
Un pas, deux pas, trois pas, quatre pas...
Le voilà derrière moi.
J'aurais presque envie d'esssuyer mon front en soupirant, comme dans les dessins animés.
...
Ok.
Films américains, littérature française et mait'nant dessins animés.
J'sais pas c'qui m'arrive là...
Bref, passons, ça vaut mieux parce qu'on y passerait des heures si on se commençait à se pencher sur le sujet « Le cerveau détraqué de Tom Kaulitz ».
Parce que oui, je suis détraqué, un vrai malade, un échappé de l'asile...
Je souris.
J'suis tellement con.
Aaaaah, voilà enfin le parc.
Je m'y aventure, ne prenant toujours pas garde aux personnes qui m'entourent.
Et encore moins aux p'tits mômes idiots, ceux qui n'ont jamais embrassé quelqu'un, qui jouent dans la boue et bouffent leurs crottes de nez...
Oui je sais, vous devez vous dire : « Putain il aime personne celui là ! Il a qu'à rester chez lui s'il est pas content ! » ou encore « Comment peut-on mépriser à ce point de pauvres petits enfants innocents ? »
Et bien enfait, je n'ai rien contre les gens.
J'm'en fous d'eux.
Les enfants aussi j'ai rien contre eux...
Enfin si. Je les jalouse, je les envie...
Putain de merde je veux être un gosse c'est pas compliqué !
Je veux redevenir enfant, mesuré 1m20, courir et sauter partout...
Mais ça, c'est impossible.
Je passe devant les jeux pour enfants, devant la piscine pour bébés- qui est, bien évidemment vide, devant des toilettes publiques...
Puis là, juste en face de moi se trouve un banc.
Mon banc.
Celui où je m'assieds depuis que je vis ici.
Je souris comme un idiot, caresse le bois peint en vert puis finis par m'assoire dessus.
Putain. J'aime ce banc.
J'aime sa couleur verte foncée écquaillée par endroit.
J'aime le fait d'être caché du monde lorsque je suis assis dessus.
J'aime les phrases taguées dessus comme « Toi et moi à la vie à la mort » ou encore « Je t'aime à l'infinie mon coeur ».
J'aime la vue qu'il m'offre.
Depuis ce banc, je peux voir les arbres colorés par l'automne, la grande roue du parc d'attraction juste à côté...
C'est magnifique.
Tiens, la roue n'est pas en marche aujourd'hui.
Dommage, j'aurais bien aimé la voir tourner, tourner, tourner...
J'ai toujours rêvé d'voir quelqu'un se jetter d'cette roue.
Ca s'rait marrant non ?
« Hors de question que j'saute ! »
J'explose de rire comme un con, seul sur mon joli banc...
Mais si Bibi, tu sauteras, c'est moi qui t'le dis...
« J'ai froid putaiiiin... »
Un corps frigorifié se réfugie dans une grosse doudoune-manteau noir.
Pauvre Bill...
Franchement, les producteurs ont été vaches sur ce coup.
Le foutre en T-shirt sur le haut d'un toît en plein hiver...
Pauvre Bill.
Il s'avança vers nous en tremblant.
« La prochaine fois c'est Tom qui souffrira ! »
Je ris.
« Merci p'tit frère, ça m'va droit au coeur. Prends ça comme le prix à payer d'être le chanteur hein ? »
« A cause de ça j'vais tomber malade, j'aurais plus d'voix et on devra annuler la tournée !! »
« Plus d'voix ? Oh seigneur, s'il vous plaîîîîîît, je vous implore... » Dis-je en joigant les mains, faisant mine de prier.
Georg explosa de son mâââgnifique et si célèbre rire, tandis que Gustav se contenta de sourire.
Et Bill ?
Oh, la réaction habituelle : Une bonne claque derrière la tête.
Nous étions tous les trois morts de rire pendant que Bill, faisant mine de bouder, soufflait sur ses mains pour les réchauffer.
Je m'approchai de lui et lui pris les mains.
« Laisse-moi faire... »
Il leva ses yeux noisettes vers moi, l'air très étonné.
Après une soudaine prise de conscience, j'enlevai rapidement mes mains.
« Excuse-moi... »
Pour toute réponse, mon frère haussa un sourcil.
Puis, après quelques secondes de silence et d'incompréhension, il demanda :
« Pourquoi tu t'excuses ? »
Alors là...
J'sais pas si j'dois être étonné ou m'sentir complétement idiot.
J'aurais donné ma main à couper qu'il aurait sorti : « J'suis pas une fille lâche-moi ! »
Ou peut-être qu'il a changé...
Au fond, c'était quand la dernière fois qu'il m'a dit ça ?
Ca date.
« Naaaaan attend...me dit pas que... »
Oh-oh, ça sent les vacheries à plein nez.
Comme prévu, il explosa de rire.
Il rit d'ailleurs tellement fort que tout l'monde se retourne pour nous dévisager.
« J't'ai autant traumatisé que ça ? »
Il continua d'rire comme un con.
Ha. Ha. Ha.
Rions en choeur.
Il plongea enfin son regard dans le mien et s'arrêta de rire, ayant sûrement compris que je trouve pas ça vraiment hilarant...
« Mon cher Tom, j'ai l'honneur de t'annoncer que j'ai largement dépassé ce stade. L'époque "j'suis pas une fille, j'suis un mec, un vrai !" est quelque peu périmée... » Dit-il en souriant.
Tout en disant cela, il prit mes mains dans les siennes.
Je compris immédiatement le message. Pas besoin d'rajouter quelque chose.
Je pris donc possession de ses dix doigts et le frictionnai doucement.
Après quelques secondes, les yeux dans les yeux, je rapprochai ses mains de mes lèvres et soufflai délicatement dessus.
Un frisson lui parcourut l'échine.
Il baissa immédiatement le regard.
Pourquoi ?
Je continuai mon geste, attendant qu'il daigne remonter les yeux vers moi...
Ce qu'il fit après de longues secondes d'hésitation.
Nos regards se croisèrent et ne se lâchèrent plus.
Et là, plus rien ne comptait mis à part ses yeux, ses yeux qui me parlent.
J'aime tellement quand on est comme ça...
C'est nos moment à nous, juste nos moments à nous, rien que nos moments à nous.
A nous et à personne d'autre.
Mais, comme à chaque fois...
Toute bonne chose a une fin.
« Fin d'la pause les gars !! On r'prend ! »
Je sursautai presque.
Putain ils voient pas que là euuuh...c'est pas trop l'moment ?
On a tellement peu de moments à nous lui et moi...
Pourquoi doivent-ils toujours durer aussi peu d'temps ?
La vie est injuste.
« Bon Bill, j't'explique...tu vas t'positionner là-bas, dos au vide, okay ? »
« Nan mais arrêtez j'ai l'vertige moi ! »
« Idiot y'a même pas d'vide en bas ! » Dis-je.
« Ouai mais quand même... »
J'vous explique...
Pour pas risquer la vie de mon Bibi, tout le clip a été filmé depuis le bord d'un immeuble sans vide en dessous. [Nda: En gros, c'est deux immeubles collés et y'en a un plus p'tit qu'l'autre et ils filment Bill depuis le bord du plus grand. Clair, oui, non...?^^'']
En gros, il ne risque absolument rien à s'positioner au bord mais...
Bill Kaulitz restera toujours Bill Kaulitz.
En gros : Un chieur.
« Naaaaaan j'veux garder mon manteau pitié !! »
« Bill, arrête de faire ta diva tu veux ? On a presque fini. » S'exclama David.
« Ok ok...bon, j'suis au bord, qu'est-ce que j'fais maintenant ? »
« Et bien...tu sautes. »
Alors là, je n'peux pas m'empêcher d'éclater d'rire.
Si vous auriez vu la tête qu'il tire !
« Aah non...aaaaaah non ! Alors là, hors de question que j'saute ! »
« J'crois qu'on t'as pas d'mander ton avis Bill. »
« J'm'en fous j'sauterai pas ! »
« Tu vois derrière toi mon grand ? Y'a dix personnes pour te retenir...en gros, tu risques rien. Donc arrête de faire des caprices pigé ? »
« Toooooooom pitié sauve moi, ils veulent tous me tuer ! » Dit mon frère avec une mine complétement désespérée.
« Allez Bill, c'est qu'un p'tit saut de rien du tout tu vas pas mourir ! » Dis-je.
« J'en étais sûr, vous êtes tous de mèche !! C'est un complot, une conspiration !! »
« Mais oui c'est ça... » S'exclama Gustav en levant les yeux aux ciel.
« Bon Bill, t'es près ? Ca va être à toi là. » Ajouta le caméraman.
« Jamais !!! »
« Allez hop, ça tourne ! »
« J'ai dis non ! » Cria Bill, indigné.
Putain quel caractère celui-là.
Bon, puisque c'est comme ça...
Les grands moyens s'imposent !
« Et nous on t'as dis oui ! »
Il n'eut même pas le temps de répondre quoi qu'ce soit.
Ben oui j'l'ai poussé, et alors ?
Il l'a pas mérité vous trouvez ?
« Tom enfoiré d'merde j'vais te tuer !! » Cria-t-il, couché sur le matela bleu qui a servit à l'retenir.
« Et bien Bill, c'est quoi l'problème ? T'as vu, ils t'ont tous rattrapé ! T'as pas le moindre petit bobo... » Dis-je en riant.
« On la r'fait ! Et cette fois-ci, Tom, évite de t'incruster sur l'image okay ? »
« Ouai, ouai... »
Je fis donc demi-tour et repris ma place initiale, soit dit juste à côté du mec qui filme.
« Et hop, ça tourne ! »
« Attendez ! »
« Qu'est-ce qu'il y a encore Bill ? » Demanda David.
« Je...est-ce que Tom peut aller de l'autre côté ? »
« Et pourquoi donc ? »
« J'aimerais bien qu'il me rattrape avec les autres...j'ai confiance en lui. »
« Mais Bill non de dieu les autres sont pro' ils vont pas t'lâcher ! »
« Ouai ben on sait jamais hein ? Alors que Tom j'sais qu'il me rattrapera. »
« C'est bon David, j'y vais... » Dis-je.
Même si mon frère est un débile capricieux, ça m'touche qu'il me fasse autant confiance.
Evidemment que j'le rattraperai...
Donc, je suivis les ordre de mon maître (enfin mon frère quoi) et me positionnai avec les « porteurs du matelas bleu magnifique ».
« Bon...pour la troisième fois, ça tourne ! » S'exclama l'filmeur.
« Allez Bibi, go maintenant ! »
A peine ai-je prononcé ces mots que, pouf, magie ! Bill apparût sur le matelas.
« Bravo Bibi ! » Dis-je, une pointe de moquerie dans la voix.
« Tout ça pour un p'tit saut arrière...y'a qu'deux mètres de vide en plus ! » Dit Georg le Hobbit.
« Ouai ben la prochaine fois tu l'fera toi Georgii, d'accord ? »
Je ris puis tandis ma main à Bill pour l'aider à se relever.
Aide qu'il accepta sans broncher.
« Merci... »
« Mais de rien ! »
« Hum...DAVIIIIIIIID ! » Cria Bill.
« Quoi ? »
« Je veux des vacances. »
« Pardon ? »
« T'as très bien entendu. J'veux une voir deux semaines de vacances minimun avant la tournée. »
« Et en quel honneur ? »
« J'crois qu'tu m'dois bien ça là ! »
« Et tu veux aller où dis-moi ? »
Sans que je comprenne pourquoi, il se retourna vers moi.
« A Loitsche. »
Je souris.
Aaaah...que de bons souvenirs.
Tu vois Bibi, t'as fini par sauter...
Je regardai le paysage au loin et remarqua que la roue tournait...
Je souris encore plus.
Elle est belle cette roue !
Je me levai et me dirigeai vers celle-ci.
Si j'vais monter dessus ?
Non.
J'ai l'vertige moi...
J'avançai donc, la tête dans les nuages.
Je pense, je pense...
A quoi ?
Devinez...
Je souris.
« Merci Bibi d'avoir sauté. » Murmurai-je.
Le vent souffla sur mon visage une nouvelle fois.
Je souris.
Si t'avais su que ces vacances à Loitsche allaient tout changer pour nous...
Aurais-tu sauté ?
« Aaaaaaaah Loitsche chéri ! » Dit-il en souriant.
Et oui, nous voilà enfin chez nous.
Je m'empressai de prendre mes bagages et courus à l'intérieur.
« Maman ?! Gordon ?! Y'a quelqu'un ? » Criai-je.
« Mmh...on aurait p'têtre du les appeler avant d'arriver comme ça à l'improviste... »
« Mais non ils sont sûrement en course ! Pis ça nous laisse le temps pour nous installer. »
« Mouai... »
Je montai donc les escaliers direction ma chambre.
Et voilà, on est denouveau chez nous...
Ca m'avait manqué.
J'ouvris assez diffilement ma porte puis déposai mes bagaes en vrac sur mon lit.
Je m'avançai vers ma fenêtre et ouvris les rideaux.
Des champs, un tracteur, une route...
Mais quelle vue dîtes-moi !
Enfin bon...
Ah tiens, voilà quelque chose de plus amusant...
Bibi qui se bat avec un d'ses sacs.
Mais quel pas doué j'vous jure !
J'ouvris la fenêtre et m'accoudai au rebord.
« Besoin d'un coup d'mains ? » Demandai-je.
Il se retourna, leva les yeux vers moi puis dit :
« Si c'est aussi gentillement proposé... »
Je ris.
« J'arrive. »
Je fermai la fenêtre et descendis au secours de mon frère.
Alala celui-là...
Quel idiot.
_ Si je saute...
Seras-tu seulement là pour me rattraper ?_
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Fin du chapitre 3.
Oui j'ai mis du temps je sais...
=(
J'avais plus d'ordi aussi !
Enfin voilà...
Merciiiiiii beaucoup pour les comm's =DDDDDDDDDDDDDDD
Contente que vous aimiez comme ça.
Et pour répondre à la plupart de vos comm's :
Si Bill est mort ?
A la base j'pensais pas que ça poserait d'problème...
J'pensais pas qu'y'aurait du suspense.
Mais bon puisque y'en a hein...
J'le laisse =P
B'sx j'vous aime
&
Happy Noëëëëëëëël !!
<333333333333333333333333333
Piix': Le rouge lui va bien XP <3
